Résumé

"Larcenet revisite la bio d'un personnage célèbre à sa sauce toute personnelle. Son trait est au sommet, son propos, parfois hilarant, bascule aussi dans le noir le plus sanglant, dans un témoignage magnifique pour donner un livre qui donne à réfléchir, même une fois refermé."

Trier par : Ancien

T1 Une aventure rocambolesque de ...

Abo
(146)

Sigmund Freud en a marre des rombières hystériques. Il décide de tester un continent neuf et d'exercer ses talents sur les garçons vachers. Il débarque donc en Amérique avec son fidèle assistant Igor, qui râle : à Vienne, c'était la gloire et la belle vie, et les voilà dans un pays hostile, plein de scorpions et de tueurs mexicains. Sigmund, ce qui l'inquiète, c'est l'absence de divans. Pendant ce temps, le pauvre clébard Spot subit les pires sévices au pénitencier de Pessimistic Lines, spécialisé dans les chiens errants. Tous les dimanches, le curé leur rappelle pourquoi ils sont dans la mouise : ils n'ont pas d'âme. Donc, Spot veut une âme, qu'il va aller chercher auprès du chaman de Tacomo. Pour ce faire, il s'évade du pénitencier. On ne présente plus Sigmund Freud, mais lui, il se présente : " Psychanalyste viennois de renommée mondiale, névroses en tout genre, psychoses en gros et demi-gros. " Malgré tout, depuis qu'il questionne les autochtones sur leur enfance et leur maman — généralement violée et assassinée —, le résultat est affligeant. " Nous progressons ", dit-il néanmoins chaque fois qu'il s'enfonce. Ce qui cloche, c'est l'aspect un peu brutal du vécu de chacun : ce pays ne compte que des victimes et des bourreaux. Les bourreaux sont infréquentables, et les victimes trop résignées pour que la cure porte ses fruits. Mais pas question de rentrer bredouille à Vienne. Sigmund tient à psychanalyser un Américain — " même un tout petit ferait l'affaire " — et il jure d'essorer à fond le prochain névrosé qu'il croise sur sa route. Le névrosé, c'est Spot, le chien qui veut une âme. Un rêve de psy ! D'après Sigmund, les vieux barbons de l'Académie vont être verts. D'après Igor, ils vont plutôt crever de rire. " M'en fous, j'les nique ", répond sobrement Sigmund. Le bon, la brute et le divan. Les cheminements alambiqués (et monomaniaques) du psychanalyste parachuté dans un monde sans foi ni loi, voilà un choc intéressant. Par exemple, si les gardiens du pénitencier (des tueurs nés) s'acharnent sur le chien, c'est qu'ils nous font " un caprice anal probablement d'ordre traumatique ", avance Sigmund. " Nous progressons. " Pour sa première BD en solitaire chez Dargaud, Larcenet nous offre un western hilarant, une page mal connue (et passablement loufoque) de la vie de Sigmund Freud, et une belle histoire d'amitié entre un homme et un chien.

T2 Une aventure rocambolesque de ...

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(120)

Après Sigmund Freud, puis Robin des Bois, Manu Larcenet s'attaque à la biographie non officielle de Vincent Van Gogh et à son passage méconnu dans l'armée française lors de la guerre de 14-18. Sublime bouquin constamment ballotté entre le rire et l'horreur, la ligne de front est une hallucinante plongée dans la barbarie guerrière où l'on manque cruellement de tournesol et d'harmonie chromatique. Pour la troisième fois, Larcenet revisite donc la bio d'un personnage célèbre à sa sauce toute personnelle. Ici, on découvre un Vincent Van Gogh usé après une carrière militaire difficile. Sa dernière mission a d'ailleurs été un échec et sa hiérarchie a du inventer cette histoire stupide d'oreille coupée pour le faire disparaître. A présent, il est envoyé sur le front pendant la grande boucherie de 14-18 afin de ramener des peintures du front. Car l'Etat Major est perplexe et ne comprend pas pourquoi certains soldats désertent, refusant la gloire de mourir pour la patrie : Qu'est ce qui peut les effrayer à ce point ? La guerre tout simplement, et Larcenet rejoint un Tardi pour décrire l'horreur des tranchées. Son trait est au sommet, son propos, parfois hilarant, bascule aussi dans le noir le plus sanglant, dans un témoignage magnifique pour donner un livre qui donne à réfléchir, même une fois refermé.

T3 Une aventure rocambolesque de ...

Abo
(103)

Oyez la triste histoire du Prince Attila~! Or donc, en ce jour de l'an – 451, le preux et terrible Attila s'en va conquérir la Beauce, dernier territoire qui lui manque pour compléter sa collec'. Hélas, une fois sa conquête achevée, Attila doit se rendre à l'évidence~: il s'emmerde. Même son « petit barbare » (oui, ceci est une métaphore) reste de glace. Ce n'est pas le genre à faire des phrases, Attila. Mais là, force est de reconnaître qu'il « souffre de la vie » - en un mot comme en cent, voilà notre Attila atteint de dépression. Le coup de mou. Mettez-vous à sa place~: que lui reste-t-il à faire d'exaltant maintenant que le monde entier est sous sa coupe ? Après Sigmund Freud et Vincent Van Gogh, c'est au tour d'Attila d'être passé à la moulinette de l'humour dévastateur de Manu Larcenet. Cette fois encore, l'auteur du Combat ordinaire s'amuse à révéler l'être de chair et de sang caché derrière le mythe. Enfin, pour parler normalement, nous dirons qu'il s'amuse à réécrire la légende et à nous offrir une dimension inédite du personnage.

T4 Une aventure rocambolesque de ...

Abo
(122)

On gardait de Robin des Bois un souvenir plus fringant. Celui de Larcenet est un petit machin édenté, atteint de l'affection du sieur Alzheimer. Ce qui fait qu'il oublie régulièrement son programme quotidien - voler aux riches pour donner aux pauvres - et que son fidèle Petit-Jean est obligé de lui défoncer la tronche à coups de gourdin, histoire de le recadrer. Une fois recadré, Robin trouve un riche à dépouiller - en l'occurrence, un touriste à casquette Ricard qui refuse de se laisser racketter par Thierry La Fronde. Bref, suite à une regrettable maladresse, voilà le onzième touriste assassiné en forêt de Rambouillet. À la suite de quoi le sheriff de Nottingham s'énerve et convoque à la rescousse un homme qui connaît la forêt - pas cette forêt-là, avec ses cerfs et ses lapins, mais peu importe : Tarzan soi-même. Assez cacochyme lui aussi, et porté sur la zoophilie, surtout avec les cerfs et les lapins, justement. Ajoutons à ça quelques rencontres pittoresques, comme Kader le " sarrazin " de banlieue, ou une Lady Marianne un peu cuite - ça fait 42 ans que Robin est censé aller la délivrer après avoir acheté ses clopes - et environ trois vraies rigolades par page. Ce qui nous donne un Larcenet burlesque et une vision irrésistible de la légende, prépubliée dans Fluide Glacial en 2002 et 2003 en noir et blanc, mais c'est beaucoup plus joli en couleur. Précisons que cette aventure est un one shot et que Robin ne reviendra pas, étant donnée sa fin tragique - ce qui lui évite d'ailleurs de concrétiser le plan enthousiasmant de son fidèle Petit-Jean, qui consistait à se marier, " se reproduire de nombreuses fois et avoir l'air heureux devant les voisins ".

T5 Une aventure rocambolesque de ...

Abo
(85)

Dans un immense cimetière, perdu au bout du monde, un vieil homme attend. Ses seuls liens avec le monde semblent être les rares pneumatiques qu'il reçoit et les vieux disques de Punk Rock qu'il écoute sur un antique gramophone. Et pourtant, un matin, surgit un homme ; il vient de sortir d'une tombe, c'est le soldat inconnu. Bouleversante comédie noire, Crevaisons voit le retour du tandem Larcenet-Casanave dans une farce tragique qui ausculte au scalpel la folie guerrière.

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